Prénom : Altaïr
Age : 18 ans et quelques centaines d'années
Element : le feu
Aptitude : Manipulation des esprits.
Signe : Sagittariès
Famille : Armas
Dictum : La mort n'est que le berceau de la vie.
Histoire : Derrière le vitrage terni par le temps d'un soupirail, au pied d'une masure des bas quartiers aux murs fissurés, deux prunelles se détachent légèrement de l'obscurité. Elles tentent, à travers la couche de graisse et de poussière, de scruter la rue, les contours des ombres au dehors. Après ce court temps d'observation, la créature se retourne lentement vers la porte. Finalement elle s'élance alors brusquement sur les marches menant vers l'extérieur. Sur le pas elle s'immobilise. Quelques secondes d'arrêt, le temps d'écouter le murmure de la ville, puis elle poursuit sa route, longeant les murs.
Alors qu'elle ne sentait plus le regard oppressant qui l'avait fait courir jusqu'a lors, une main sortie de l'ombre l'agrippe par le cou. La créature convulse violement afin d'échapper à l'étreinte. Une seconde main s'est plaquée contre sa gorge, une troisième contre son bassin, la repoussant encore, jusqu'à ce qu'elle en arrive à une relative immobilité. Là, une douleur glacée portée à son bas ventre la transperce de part en part. Les poings des deux agresseurs se détendent et laisse choir le corps de la créature sur le sol. Encore une dernière exhalaison, le froid revient la hanter.
Me hanter. Mon âme s'envole, je ne parviens pas à effectuer le moindre mouvement, incapable de rien faire pour modifier la manière dont fut orchestrée ma mort. Plus aucune sensation ne m'atteignait. J'avais conscience de ma mort, et craignais donc de devoir connaitre cet état durant un temps infini, ne sachant où je me trouvais, ce que j'étais. J'aurais pu donner libre cours à mes sentiments immédiats, exercer une vengeance libératrice, mais je sentais qu'ils ne me mèneraient qu'à la perte des restes de mon esprit. Je considérais alors d'un oeil nouveau la situation et décidait de me rendre chez moi. Arrivé à destination, je tentais de saisir une plume afin d'étendre mes sensations. C'est là, je crois, que je pris réellement conscience de mon état. Impossible de me saisir de cette plume. Mon corps passait au travers, avec une impression désagréable. Il me semblait pouvoir percevoir chaque particule de l'objet, chaque brin qui vibrait légèrement à l'intérieur de moi. Je me révulsai contre cette sensation, retirait aussitôt ma main pour la considérer, incrédule. Ce n'est qu'un temps infiniment long après que je retrouvais la sensation du touché grâce à quelques contorsions de mon esprit. Je pouvais me ramener dans le monde vivant quelques secondes. Cette sensation me réconforta tant et si bien que je continuais à m'exercer durant encore les cent années à venir.
Durant cette longue période je ne put que constater que mon état n'évoluait pas je me présentait sous la forme de moi-même celle que j'avais à l'esprit dans les jours précédant ma mort. Donc assez proche de l'image réelle que je renvoyais au monde. Pas de membres se perdant dans une brume blanchâtre, me laissant flottant dans l'air, incomplet. Pas une trace des circonstances de ma mort, marque indélébile qu'aucun esprit ne désirerait porter. Juste une légère impersistance, un léger tremblement d'irréalité. Un observateur attentif pourrait discerner une certaine transparence dans mes membres. Pas la simple transparence d'une peau diaphane qui laisserait percevoir les veines diffusant leur liquide carmin au travers du corps, non, simplement la désagréable impression de pouvoir percevoir de manière diffuse les éléments qu'il devrait occulter.
Manon <3